Positionnement pro-arabe de la France pendant la guerre du Kippour, refus de soutenir Israël, embargo sur les armes.
Lors de la guerre du Kippour (6-25 octobre 1973), la France de Pompidou maintient une position de neutralité favorable aux pays arabes, refusant de soutenir Israël contrairement aux États-Unis. Le gouvernement impose un embargo sur les livraisons d'armes à tous les belligérants (en pratique surtout à Israël, les pays arabes étant fournis par l'URSS), refuse le survol de son territoire aux avions américains ravitaillant Israël, et appelle à un cessez-le-feu sur la base des résolutions de l'ONU. Cette position s'inscrit dans la continuité de la politique pro-arabe initiée par De Gaulle après la guerre des Six Jours (1967). Elle vise à préserver les approvisionnements pétroliers français et les marchés arabes, et à maintenir l'influence française au Moyen-Orient. La France est effectivement épargnée par l'embargo pétrolier le plus sévère, mais cette politique suscite de vives critiques de la communauté juive française et des États-Unis.
L'Égypte et la Syrie attaquent Israël le 6 octobre 1973 (jour de Yom Kippour). La guerre provoque une crise pétrolière mondiale. Depuis 1967, la France a rompu l'alliance stratégique avec Israël et privilégie les relations avec le monde arabe. La France importe 75 % de son pétrole du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord.
Reforme
Neutralité pro-arabe guerre du Kippour
octobre 1973
« Garantir la continuité de la politique d'indépendance nationale héritée du général de Gaulle »
Source : Programme présidentiel de Pompidou, 1969
Écart entre promesse et réalisation
Continuité fidèle de la politique gaullienne d'indépendance et d'équilibre au Moyen-Orient.
La France est partiellement épargnée par l'embargo pétrolier arabe, ses approvisionnements étant moins perturbés que ceux des Pays-Bas ou des États-Unis
Consolidation des relations franco-arabes et des parts de marché françaises dans le monde arabe (armement, BTP, énergie)
Tensions avec les États-Unis et détérioration des relations franco-israéliennes pour plusieurs décennies
Vives critiques de la communauté juive française et de l'opposition, accusant le gouvernement de complaisance envers les agresseurs
La politique pro-arabe de Pompidou inaugure le « dialogue euro-arabe » initié en 1974, qui structurera les relations entre l'Europe et le monde arabe
La politique pro-arabe de Pompidou a permis à la France de maintenir son indépendance diplomatique, de préserver ses approvisionnements pétroliers et de conserver une influence au Moyen-Orient, là où l'alignement sur les États-Unis n'aurait apporté que des inconvénients.
La neutralité pro-arabe était moralement inacceptable face à une agression militaire contre Israël et a sacrifié les valeurs démocratiques sur l'autel des intérêts pétroliers. Elle a aussi affaibli la solidarité occidentale face au chantage énergétique de l'OPEP.
La politique étrangère de la France pendant la guerre du Kippour — MAE
La guerre du Kippour et ses conséquences — CVCE
Vie-publique.fr — Neutralité pro-arabe guerre du Kippour
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources