Politique d'austérité budgétaire visant à respecter les critères de convergence de Maastricht, notamment le déficit sous 3 % du PIB.
Pierre Bérégovoy, ancien ministre des Finances de Rocard puis de Cresson, arrive à Matignon en avril 1992 avec une obsession : la crédibilité économique de la France et le respect des critères de convergence fixés par le traité de Maastricht. Le budget 1993, préparé à l'automne 1992, est marqué par une rigueur stricte malgré le ralentissement économique. Bérégovoy refuse de relancer l'économie par la dépense publique, considérant que la discipline budgétaire est la condition sine qua non de l'entrée dans la monnaie unique. Le déficit budgétaire est contenu à 3,4 % du PIB en 1992, en hausse par rapport aux 2,1 % de 1991, mais cette dégradation est principalement imputable à la récession.
La France entre en récession en 1992-1993. Le chômage dépasse les 10 %. La crise du SME de septembre 1992 met le franc sous pression spéculative. Les critères de Maastricht imposent un déficit sous 3 % du PIB, une dette sous 60 % et une inflation maîtrisée. La Bundesbank maintient des taux élevés après la réunification allemande, obligeant la France à suivre.
Reforme
Rigueur budgétaire Maastricht
septembre 1992
« Construire l'Europe économique et monétaire, garantir la stabilité du franc »
Source : Lettre à tous les Français, François Mitterrand, avril 1988
Écart entre promesse et réalisation
La rigueur budgétaire est cohérente avec l'engagement européen de Mitterrand, mais le coût social de la politique du franc fort n'avait pas été annoncé aux électeurs.
Maintien de la crédibilité financière de la France sur les marchés internationaux et préparation réussie à l'entrée dans la zone euro
Maîtrise de l'inflation ramenée sous les 2 %, protégeant le pouvoir d'achat des ménages à revenu fixe
Aggravation du chômage, passant de 9,4 % fin 1991 à 10,4 % fin 1992 puis 11,1 % au premier trimestre 1993, en raison des taux d'intérêt élevés et de la rigueur budgétaire
Croissance économique quasi nulle en 1992 (+1,2 %) puis récession en 1993 (-0,6 %), aggravée par les taux d'intérêt réels élevés nécessaires pour défendre le franc
Défaite électorale massive de la gauche aux législatives de mars 1993, en partie imputable au mécontentement social lié à la rigueur économique
La rigueur budgétaire et la politique du franc fort ont préservé la crédibilité de la France, maîtrisé l'inflation et permis de qualifier le pays pour la monnaie unique. Sans cette discipline, la France aurait subi des dévaluations humiliantes et perdu son rang en Europe. L'investissement dans la stabilité est douloureux mais nécessaire. [Donnees factuelles : Maîtrise de l'inflation ramenée sous les 2 %, protégeant le pouvoir d'achat des ménages à revenu fixe : 3.2 → 2.1 %.]
La politique de rigueur menée par Bérégovoy sacrifie l'emploi et la croissance sur l'autel de la convergence européenne. Maintenir des taux d'intérêt élevés pour arrimer le franc au mark alors que la France est en récession est une politique absurde qui détruit des centaines de milliers d'emplois. La gauche trahit son électorat populaire en menant une politique de droite. [Donnees factuelles : Aggravation du chômage, passant de 9,4 % fin 1991 à 10,4 % fin 1992 puis 11,1 % au premier trimestre 1993, en raison des taux d'intérêt élevés et de la rigueur budgétaire : 9.4 → 11.1 % ; Croissance économique quasi nulle en 1992 (+1,2 %) puis récession en 1993 (-0,6 %), aggravée par les taux d'intérêt réels élevés nécessaires pour défendre le franc : 1.2 → -0.6 % annuel.]
Loi n° 92-1376 du 30 décembre 1992 portant loi de finances pour 1993
Pierre Bérégovoy — Discours de politique générale, 8 avril 1992, Assemblée nationale
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675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources