De Gaulle refuse la dévaluation du franc malgré la crise monétaire post-Mai 68, imposant un plan d'austérité.
Après Mai 68, le franc est soumis à une pression spéculative intense. Les accords de Grenelle ont entraîné une hausse massive des salaires (environ 10 % en moyenne), alimentant l'inflation et creusant le déficit commercial. En novembre 1968, une crise monétaire internationale éclate autour du franc et du mark. Les marchés anticipent une dévaluation. Le groupe des Dix se réunit à Bonn les 20-22 novembre. Tous les experts, y compris le ministre des Finances François-Xavier Ortoli, recommandent une dévaluation de 11,1 %. Mais le 24 novembre, de Gaulle annonce à la surprise générale son refus de dévaluer, déclarant : « La dévaluation serait la pire des absurdités. » Il impose à la place un plan de rigueur comportant un strict contrôle des changes, une réduction des dépenses publiques et une hausse des impôts. Cette décision, hautement politique, vise à préserver le prestige du franc et l'indépendance nationale. Elle se révélera cependant insuffisante : après le départ de de Gaulle, Pompidou procédera à la dévaluation de 12,5 % le 8 août 1969.
Le franc, stabilisé par la réforme Pinay-Rueff de 1958, est un symbole de la restauration gaullienne. Mai 68 et ses conséquences salariales (accords de Grenelle) ont rompu l'équilibre des comptes extérieurs. La spéculation contre le franc s'intensifie tandis que le mark allemand est sous-évalué. De Gaulle refuse de céder aux marchés, y voyant une question de souveraineté nationale.
Reforme
Refus de dévaluation (nov. 1968)
novembre 1968
« Maintenir la stabilité monétaire »
Source : Programme présidentiel 1965
Écart entre promesse et réalisation
De Gaulle tient formellement sa promesse de stabilité du franc en refusant de dévaluer, mais au prix de mesures d'austérité et d'un contrôle des changes qui reconnaissent implicitement la fragilité monétaire.
Préservation temporaire de la parité du franc et du prestige monétaire gaullien
Démonstration de souveraineté face aux marchés financiers internationaux
Plan d'austérité pénalisant la croissance et l'emploi dans un contexte de sortie de crise sociale
Contrôle des changes restrictif freinant les échanges commerciaux et l'investissement étranger
Report inévitable de la dévaluation : Pompidou dévalue de 12,5 % en août 1969, taux plus élevé que celui recommandé en novembre 1968
Fuite de capitaux malgré le contrôle des changes, estimée à 3 milliards de francs entre novembre 1968 et avril 1969
Le refus de dévaluer était un acte de souveraineté cohérent avec la doctrine gaullienne d'indépendance nationale, refusant de céder aux pressions des marchés et des partenaires étrangers.
Le refus de dévaluer a aggravé les déséquilibres économiques, imposé une austérité inutile et n'a fait que retarder l'inévitable, Pompidou procédant finalement à une dévaluation plus coûteuse quelques mois plus tard. [Donnees factuelles : Report inévitable de la dévaluation : Pompidou dévalue de 12,5 % en août 1969, taux plus élevé que celui recommandé en novembre 1968 : 11.1 → 12.5 % de dévaluation.]
Pompidou procède à la dévaluation de 12,5 % du franc en août 1969, rendant caduque la politique de non-dévaluation de de Gaulle.
Rapport annuel de la Banque de France 1968
C'était de Gaulle
De Gaulle, tome 3 : Le souverain
Vie-publique.fr — Refus de dévaluation (nov. 1968)
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources