Signature du traité de Maastricht créant l'Union européenne, la monnaie unique et la citoyenneté européenne.
Le traité sur l'Union européenne est signé à Maastricht le 7 février 1992 par les douze États membres de la Communauté européenne. La France, représentée par Roland Dumas (Affaires étrangères) et Pierre Bérégovoy (Finances), est avec l'Allemagne le moteur de cette intégration historique. Le traité crée l'Union européenne sur trois piliers : les Communautés européennes (marché unique, PAC, monnaie unique), la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), et la coopération en matière de justice et affaires intérieures. Il prévoit la création de l'euro pour 1999 avec des critères de convergence stricts (déficit < 3 % du PIB, dette < 60 % du PIB, inflation maîtrisée). Il instaure la citoyenneté européenne. Le traité est le fruit d'une négociation franco-allemande entre Mitterrand et Kohl, accélérée par la réunification allemande : Mitterrand accepte la réunification en échange de l'ancrage de l'Allemagne dans une union monétaire irréversible. La ratification sera soumise au référendum français le 20 septembre 1992 sous le gouvernement Bérégovoy.
La chute du mur de Berlin (1989) et la réunification allemande (1990) transforment l'équilibre européen. Mitterrand craint qu'une Allemagne réunifiée ne se détourne de l'Europe. Le traité de Maastricht vise à ancrer l'Allemagne dans une intégration européenne irréversible, notamment par la monnaie unique.
Reforme
Négociation Maastricht
février 1992
« Poursuivre et approfondir la construction européenne »
Source : Lettre à tous les Français, François Mitterrand, avril 1988
Écart entre promesse et réalisation
Promesse largement tenue. Le traité de Maastricht est l'acte fondateur le plus ambitieux de l'intégration européenne depuis le traité de Rome.
Création de l'Union européenne et de la citoyenneté européenne, approfondissement historique de la construction européenne
Ancrage de l'Allemagne réunifiée dans l'intégration européenne, évitant un retour au nationalisme allemand
Les critères de convergence (3 % de déficit, 60 % de dette) imposeront une discipline budgétaire stricte limitant les marges de manœuvre des gouvernements
Transfert de souveraineté monétaire à la future Banque centrale européenne, privant la France de l'outil de la dévaluation et de la politique monétaire nationale
Le référendum de ratification du 20 septembre 1992 (51,04 % de oui) révélera la fracture entre la France des élites favorables à l'Europe et la France populaire eurosceptique
Le traité de Maastricht est l'acte fondateur de l'Union européenne moderne. Il ancre définitivement l'Allemagne réunifiée dans le projet européen et crée les conditions d'une monnaie unique qui mettra fin aux guerres monétaires intra-européennes. C'est le chef-d'œuvre géopolitique de Mitterrand.
Maastricht est un traité technocratique qui sacrifie la souveraineté nationale au profit d'une construction européenne élitiste et antidémocratique. Les critères de convergence imposent une austérité permanente, et la monnaie unique empêchera tout ajustement par la dévaluation.
Traité sur l'Union européenne, signé à Maastricht le 7 février 1992
Vie publique — Le traité de Maastricht et la création de l'Union européenne
Source de verification : EUR-Lex
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources