Cession des parts de l'État dans ASF, APRR et SANEF à Vinci, Eiffage et Abertis pour 14,8 milliards d'euros, privatisation controversée qualifiée de « bradage » par la Cour des comptes.
En 2005-2006, le gouvernement Villepin décide de privatiser les trois grandes sociétés concessionnaires d'autoroutes détenues majoritairement par l'État : ASF (Autoroutes du Sud de la France), cédée à Vinci ; APRR (Autoroutes Paris-Rhin-Rhône), cédée à Eiffage ; et SANEF (Société des Autoroutes du Nord et de l'Est de la France), cédée au groupe espagnol Abertis. L'opération, réalisée par cession des participations publiques, rapporte environ 14,8 milliards d'euros au budget de l'État, affectés au désendettement et au financement des infrastructures. La décision est motivée par la volonté de réduire la dette publique et de désengager l'État d'activités considérées comme relevant du secteur concurrentiel.
En 2005, la dette publique française approche 65 % du PIB et le gouvernement cherche des recettes exceptionnelles. Les sociétés d'autoroutes sont des « vaches à lait » très rentables grâce aux péages. Le Premier ministre Dominique de Villepin, en difficulté politique après la crise du CPE, cherche à afficher une politique de désendettement.
Reforme
Privatisation des autoroutes (2006)
mars 2006
Recette budgétaire de 14,8 milliards d'euros pour l'État, affectée au désendettement et au financement de l'AFITF (Agence de financement des infrastructures de transport)
Vente qualifiée de « bradage » par la Cour des comptes : le prix de cession sous-évalue considérablement les flux de trésorerie futurs, les concessionnaires privés dégageant des bénéfices massifs
Hausse continue des péages au-dessus de l'inflation après privatisation, pesant sur le pouvoir d'achat des usagers et le coût du transport routier
Perte de levier public sur les infrastructures stratégiques : l'État n'a plus la maîtrise des tarifs et des investissements sur le réseau autoroutier pour une durée de plusieurs décennies (concessions jusqu'en 2030-2036)
La privatisation des autoroutes a rapporté près de 15 milliards d'euros à l'État, contribuant au désendettement. Les concessionnaires privés investissent dans l'entretien et la modernisation du réseau. L'État n'a pas vocation à gérer des activités commerciales comme les péages.
La privatisation des autoroutes est le plus grand scandale financier de la Ve République. L'État a vendu des concessions rapportant des milliards de bénéfices annuels pour une fraction de leur valeur réelle. Les péages ont explosé au profit d'actionnaires privés tandis que les usagers paient toujours plus cher. La Cour des comptes a confirmé le bradage.
Cour des comptes — Les péages autoroutiers, 2008
Autorité de la concurrence — Avis n° 14-A-13 sur le secteur des autoroutes, 17 septembre 2014
Vie-publique.fr — Privatisation des autoroutes (2006)
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources