Intensification de la construction autoroutière, visant le doublement du réseau en cinq ans.
Le gouvernement Messmer poursuit et accélère la politique de grands travaux autoroutiers lancée par Pompidou. Le programme prévoit la mise en service de 500 km d'autoroutes supplémentaires par an, grâce au système de concessions privées instauré en 1970. Les autoroutes A6 (Paris-Lyon), A7 (Lyon-Marseille), A10 (Paris-Bordeaux) et A1 (Paris-Lille) sont progressivement complétées. Des tronçons de l'A4, A26 et A61 sont lancés. Le réseau passe de 2 500 km en 1972 à plus de 3 500 km en 1974. Cette politique s'inscrit dans la vision pompidolienne de modernisation du territoire par l'infrastructure routière, au détriment du réseau ferroviaire secondaire. Les sociétés concessionnaires (COFIROUTE, SAPN, ASF, APRR) deviennent des acteurs majeurs de l'aménagement du territoire.
L'automobile individuelle est en plein essor en France (de 10 millions de véhicules en 1965 à 15 millions en 1973). Pompidou, personnellement passionné par l'automobile, fait de l'autoroute un symbole de modernité. La France accuse un retard sur l'Allemagne (Autobahn) et l'Italie (Autostrada).
Reforme
Accélération des autoroutes
septembre 1972
« Développer le réseau autoroutier français pour désenclaver les régions »
Source : Programme présidentiel de Pompidou, 1969
Écart entre promesse et réalisation
Objectifs largement dépassés : le réseau a plus que doublé en cinq ans.
Désenclavement de régions jusque-là isolées, réduction des temps de trajet interurbains de 30 à 50 %
Destruction d'espaces naturels et agricoles, nuisances sonores pour les riverains, artificialisation des sols
Concurrence déloyale avec le rail, contribuant à la fermeture de milliers de kilomètres de lignes ferroviaires secondaires
Structuration d'un modèle économique de concession autoroutière qui deviendra extrêmement rentable pour les sociétés privées après la privatisation de 2006
Le programme autoroutier a été un levier essentiel de développement économique et d'aménagement du territoire, réduisant les inégalités spatiales et dynamisant les échanges commerciaux. [Donnees factuelles : Désenclavement de régions jusque-là isolées, réduction des temps de trajet interurbains de 30 à 50 % : 2500 → 3500 km.]
La politique du tout-autoroute a sacrifié le rail, encouragé l'étalement urbain et la dépendance à la voiture, et créé une dette écologique que les générations suivantes doivent assumer.
ASFA — Statistiques historiques du réseau autoroutier
Le réseau autoroutier français 1955-2000 — SETRA
Vie-publique.fr — Accélération des autoroutes
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources