Accélération du programme spatial national avec le premier lancement réussi de la fusée Diamant et le développement du Centre spatial guyanais.
Le gouvernement Pompidou-3 supervise une phase d'accélération décisive du programme spatial français. Le CNES (Centre national d'études spatiales), créé en 1961, développe le lanceur national Diamant, qui a réalisé son premier tir réussi le 26 novembre 1965 depuis Hammaguir (Algérie), faisant de la France la troisième puissance spatiale mondiale après l'URSS et les États-Unis. En 1966-1967, le programme se structure : le Centre spatial guyanais (CSG) de Kourou est en construction (décision de 1964, premiers travaux en 1965) pour remplacer la base d'Hammaguir restituée à l'Algérie. Le satellite FR-1, premier satellite scientifique français, est en orbite depuis décembre 1965. Le CNES développe les satellites de la série D (D1-A Diapason lancé le 17 février 1966, D1-C Diadème en février 1967). Parallèlement, la France participe activement aux organisations spatiales européennes ESRO (recherche) et ELDO (lanceurs), préfigurant la future ESA et le programme Ariane. Le budget spatial français croît significativement, reflétant la priorité politique accordée à ce secteur de souveraineté.
La course à l'espace est au cœur de la compétition Est-Ouest. De Gaulle voit dans le programme spatial un instrument d'indépendance nationale et de prestige international, au même titre que le nucléaire. La France dispose d'un savoir-faire en matière de fusées militaires (programme de missiles balistiques) directement transposable au spatial civil. La perte de la base d'Hammaguir (Sahara algérien, restituée à l'Algérie en 1967) impose le transfert des activités de lancement en Guyane.
Reforme
Programme spatial CNES
novembre 1966
« Faire de la France une puissance spatiale indépendante, à l'image de sa puissance nucléaire »
Source : Politique de grandeur nationale gaulliste, discours de De Gaulle
Écart entre promesse et réalisation
Le programme avance conformément aux objectifs, la France est effectivement la 3ème puissance spatiale mondiale en 1966.
La France devient la troisième puissance spatiale mondiale, après l'URSS et les États-Unis, avec une capacité de lancement autonome
Construction du Centre spatial guyanais de Kourou, infrastructure stratégique qui deviendra la base de lancement européenne d'Ariane
Coût élevé du programme spatial national rapporté aux capacités limitées du lanceur Diamant, posant la question de la pertinence d'un programme purement national vs. une coopération européenne
Développement économique de la Guyane autour du Centre spatial de Kourou, transformant durablement l'économie et la démographie du département d'outre-mer
Le programme spatial gaulliste a permis à la France de développer des compétences technologiques de pointe et de devenir le leader incontesté du spatial européen, position qu'elle conserve avec Arianespace, premier opérateur commercial de lancements au monde dans les années 1980-2000.
Le programme spatial national a absorbé des investissements considérables pour des résultats scientifiques et opérationnels limités par rapport aux programmes américain et soviétique. La logique de prestige national a prévalu sur l'analyse coûts-bénéfices, et c'est la coopération européenne (Ariane, ESA) qui a finalement permis la viabilité du spatial européen.
Le programme spatial français évolue vers le programme européen Ariane, la France fournissant l'essentiel de l'expertise et du financement
Rapport d'activité du CNES 1966-1967
L'aventure spatiale française, Claude Carlier, Lavauzelle
Vie-publique.fr — Programme spatial CNES
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources