Retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'OTAN, quarante-trois ans après le retrait décidé par de Gaulle en 1966.
Le 4 avril 2009, lors du sommet de l'OTAN à Strasbourg-Kehl, Nicolas Sarkozy officialise le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'Alliance atlantique, mettant fin à quarante-trois ans d'exception gaullienne. Le général de Gaulle avait retiré la France du commandement intégré en 1966, tout en restant membre de l'Alliance, pour préserver l'indépendance de la politique de défense française. La décision de Sarkozy, annoncée le 11 mars 2009 devant le Parlement, a été précédée d'un débat sans vote à l'Assemblée nationale. La France obtient en contrepartie deux commandements majeurs : le commandement allié Transformation (ACT) à Norfolk et un commandement régional. Sarkozy justifie cette décision par la nécessité de peser sur les décisions de l'Alliance de l'intérieur et de renforcer la défense européenne avec la construction d'un pilier européen au sein de l'OTAN.
La France participe de facto aux opérations de l'OTAN depuis les années 1990 (Bosnie, Kosovo, Afghanistan) tout en restant hors du commandement intégré. Cette situation est jugée hypocrite par de nombreux experts. Sarkozy veut réconcilier l'atlantisme et l'européanisme. L'opposition gaulliste et souverainiste est vive.
Reforme
Retour dans l'OTAN
avril 2009
« Réintégrer le commandement intégré de l'OTAN à condition que la France obtienne des postes de commandement »
Source : Nicolas Sarkozy, discours de politique étrangère, 28 février 2007
Écart entre promesse et réalisation
Promesse tenue. La France a obtenu deux commandements majeurs en échange de sa réintégration.
La France obtient deux commandements stratégiques et pèse désormais pleinement dans les décisions militaires de l'Alliance
Perte symbolique de l'indépendance stratégique française héritée du gaullisme, la France s'alignant de facto sur la stratégie américaine
La promesse de construire un pilier européen de défense en échange de la réintégration ne s'est pas concrétisée
Rupture au sein du gaullisme : les partisans de l'indépendance nationale dénoncent une trahison de l'héritage du Général
La réintégration facilitera l'engagement militaire français en Libye en 2011 (opération Harmattan/Unified Protector), première opération majeure menée par la France sous commandement OTAN. Le chaos libyen post-intervention — État failli, base arrière djihadiste, route migratoire vers l'Europe — illustrera les limites de l'interventionnisme occidental et alimentera un nouveau débat sur l'autonomie stratégique française au sein de l'Alliance
Le retour dans le commandement intégré est un acte de pragmatisme et de responsabilité. La France participe déjà aux opérations de l'OTAN : autant peser sur les décisions depuis l'intérieur. L'indépendance de la dissuasion nucléaire est préservée et la France garde la liberté de ne pas participer aux opérations.
La réintégration dans l'OTAN banalise la position française et l'aligne sur la stratégie américaine. La France perd un atout diplomatique unique qui lui permettait de parler à tous les camps. Le pilier européen de défense promis en échange est un leurre : les États-Unis n'en veulent pas.
Présidence de la République — Déclaration sur la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN
Assemblée nationale — Débat sur la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN, 17 mars 2009
Vie-publique.fr — Retour dans l'OTAN
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources