Retrait de la France du commandement militaire intégré de l'OTAN, affirmant l'indépendance de la défense nationale.
Le 7 mars 1966, le général de Gaulle notifie au président américain Lyndon Johnson le retrait de la France du commandement militaire intégré de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord. La France reste membre de l'Alliance atlantique mais refuse toute subordination de ses forces armées à un commandement étranger. Toutes les bases américaines et canadiennes sur le sol français (environ 30 000 militaires) doivent être évacuées avant le 1er avril 1967, et le SHAPE (quartier général des forces alliées en Europe) doit quitter Rocquencourt pour s'installer en Belgique. Cette décision, préparée de longue date, s'inscrit dans la politique d'indépendance nationale et la constitution d'une force de dissuasion nucléaire autonome. Elle provoque une crise majeure avec Washington mais n'affecte pas les engagements de la France au titre du traité de Washington de 1949 en cas d'agression contre un État membre.
De Gaulle considère que l'intégration militaire sous commandement américain est incompatible avec la souveraineté nationale. La France dispose désormais de sa propre force de dissuasion nucléaire (premier essai en 1960). La guerre du Vietnam renforce la méfiance de de Gaulle envers la politique américaine.
Reforme
Retrait OTAN
mars 1966
« De Gaulle a toujours défendu l'indépendance de la défense française et contesté l'intégration militaire atlantique. »
Source : Mémorandum de septembre 1958 au président Eisenhower
Écart entre promesse et réalisation
Le retrait est l'aboutissement logique du mémorandum de 1958 resté sans réponse satisfaisante de Washington.
Affirmation de la souveraineté militaire française et liberté d'action diplomatique et stratégique totale
Consolidation de la crédibilité de la force de dissuasion nucléaire française
Isolement partiel de la France au sein de l'Alliance et perte d'influence dans la planification de défense collective
Coût financier important pour la France de la réorganisation de sa défense sans le soutien logistique allié
Le retrait a garanti l'indépendance stratégique de la France pendant plus de quarante ans et a renforcé sa crédibilité en tant que puissance autonome capable de défendre seule ses intérêts vitaux.
Le retrait a affaibli la défense collective occidentale face à la menace soviétique et a isolé la France de ses alliés sans gain de sécurité réel, la dissuasion nucléaire étant insuffisante à elle seule.
Nicolas Sarkozy décide la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN en 2009
Cette réforme a été abrogée par : ref-sarkozy-reintegration-otan-2009
Lettre du général de Gaulle au président Johnson, 7 mars 1966
La Politique étrangère de la France depuis 1945
Vie-publique.fr — Retrait OTAN
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources