Plan d'ajustement face au second choc pétrolier combinant économies d'énergie, austérité budgétaire et soutien aux entreprises.
Le second choc pétrolier, provoqué par la révolution iranienne (janvier 1979) et la guerre Iran-Irak (septembre 1980), double le prix du pétrole entre 1978 et 1981 (de 13 à 35 dollars le baril). Le gouvernement Barre, fort de son expérience du premier choc, adopte une stratégie différente de la relance de 1975 : pas de plan de relance budgétaire, mais une politique de rigueur continuée pour éviter l'emballement inflationniste. Les mesures comprennent un renforcement des économies d'énergie (campagne nationale, incitations fiscales pour l'isolation), une accélération du programme nucléaire, le maintien de la politique de désinflation compétitive, et des aides ciblées aux secteurs les plus touchés (transport, chimie). L'inflation remonte néanmoins à 13,6 % en 1980 et le chômage dépasse 1,5 million de personnes.
Alors que la France commençait à absorber le premier choc pétrolier, le second choc replonge l'économie dans la stagflation. Barre refuse la relance keynésienne, considérant que la réponse de 1975 avait aggravé les déséquilibres. La politique de rigueur est maintenue malgré la proximité de l'élection présidentielle de 1981.
Reforme
Second choc pétrolier — mesures
novembre 1979
Évitement d'un dérapage budgétaire massif, contrairement à 1975, maintenant une certaine crédibilité financière
Lancement d'une politique d'économies d'énergie structurante (isolation, chasse au gaspillage)
Inflation remontant à 13,6 % en 1980 malgré la politique de rigueur, érodant le pouvoir d'achat
Le chômage dépasse 1,5 million de demandeurs d'emploi fin 1980, les mesures de rigueur ne permettant pas d'enrayer la hausse
La dégradation économique contribue à la défaite de Giscard face à Mitterrand en mai 1981
La réponse de Barre au second choc pétrolier est plus mûre que celle de Chirac en 1975 : en refusant la facilité de la relance budgétaire, il préserve les équilibres fondamentaux et maintient la crédibilité de la politique économique française.
L'obstination dans la rigueur face à un choc exogène aggrave la récession et le chômage. Un policy mix plus équilibré, combinant rigueur monétaire et soutien budgétaire ciblé, aurait mieux protégé les Français. [Donnees factuelles : Inflation remontant à 13,6 % en 1980 malgré la politique de rigueur, érodant le pouvoir d'achat : 9.1 → 13.6 % ; Le chômage dépasse 1,5 million de demandeurs d'emploi fin 1980, les mesures de rigueur ne permettant pas d'enrayer la hausse : 1200000 → 1520000 demandeurs d'emploi.]
INSEE — Indice des prix à la consommation 1980
Cour des comptes — Rapport sur l'exécution budgétaire 1979-1981
Vie-publique.fr — Second choc pétrolier — mesures
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources