Déploiement massif de radars automatiques sur les routes françaises, dans le cadre du grand chantier présidentiel de sécurité routière.
La sécurité routière est déclarée « grand chantier du quinquennat » par Jacques Chirac lors de ses vœux du 14 juillet 2002. Le programme de déploiement des radars automatiques, lancé fin 2003, révolutionne la politique de sécurité routière française. Le premier radar fixe est installé sur la RN 20 à La Ville-du-Bois (Essonne) le 27 octobre 2003. En un an, 100 radars sont déployés, puis le maillage s'étend rapidement à 1 000 puis 2 000 appareils. Parallèlement, le gouvernement durcit le permis à points (retrait d'un point dès le premier km/h au-dessus de la limite), aggrave les sanctions pénales pour excès de vitesse, et lance des campagnes de communication chocs. Le résultat est spectaculaire : le nombre de morts sur la route passe de 7 242 en 2002 à 5 318 en 2004, soit une baisse de 26,5 % en deux ans — un record historique. Cette politique, portée par le délégué interministériel à la sécurité routière Rémy Heitz, est l'une des plus grandes réussites du quinquennat Chirac en termes de vies sauvées.
En 2002, la France compte 7 242 morts sur les routes, un chiffre insupportable et supérieur à celui de ses voisins européens. La mortalité routière est considérée comme une fatalité par beaucoup. Chirac choisit d'en faire une cause nationale après la sécurité et le cancer. Le lobby automobile est hostile aux radars.
Reforme
Radars automatiques
juillet 2003
« Faire de la sécurité routière un grand chantier national pour diviser par deux le nombre de morts sur les routes »
Source : Discours de Jacques Chirac, 14 juillet 2002
Écart entre promesse et réalisation
L'objectif de diviser par deux la mortalité routière est atteint en avance sur le calendrier.
Chute spectaculaire de la mortalité routière : de 7 242 morts en 2002 à 5 318 en 2004, soit 1 924 vies sauvées en deux ans
Baisse de la vitesse moyenne sur les routes : -5 km/h en moyenne, contribuant directement à la réduction de la mortalité
Perception d'une « politique du chiffre » et de radars-tirelires : les recettes des amendes atteignent 500 millions d'euros par an
Développement d'un marché des détecteurs de radars et des applications d'alerte, engageant un jeu du chat et de la souris entre les automobilistes et les autorités
Les radars automatiques sont la mesure de politique publique la plus efficace du quinquennat en termes de vies humaines sauvées. Le principe est simple : les lois existent, il suffit de les appliquer. Chaque mort évité justifie l'investissement. [Donnees factuelles : Chute spectaculaire de la mortalité routière : de 7 242 morts en 2002 à 5 318 en 2004, soit 1 924 vies sauvées en deux ans : 7242 → 5318 morts par an ; Baisse de la vitesse moyenne sur les routes : -5 km/h en moyenne, contribuant directement à la réduction de la mortalité : 89 → 84 km/h.]
Les radars sont une pompe à fric déguisée en politique de sécurité. L'État préfère verbaliser les automobilistes plutôt qu'investir dans l'état des routes. La répression se substitue à la pédagogie et à l'amélioration des infrastructures. [Donnees factuelles : Recettes des amendes radar : 500 millions d'euros par an.]
ONISR — Bilan de la sécurité routière 2004
Cour des comptes — Les amendes de la circulation et la sécurité routière
CERTU — Évolution des vitesses pratiquées sur le réseau routier français
Vie-publique.fr — Radars automatiques
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources