Lancement expérimental du SNU : séjour de cohésion de deux semaines suivi d'une mission d'intérêt général de deux semaines pour les jeunes de 15-17 ans.
Le Service national universel (SNU), promesse de campagne d'Emmanuel Macron, est lancé en phase pilote le 16 juin 2019 avec 2 000 volontaires dans 13 départements. Il comprend deux phases obligatoires à terme : un séjour de cohésion de deux semaines (internat, activités civiques, sportives, mémorielles) et une mission d'intérêt général de 84 heures (associations, collectivités, corps en uniforme), suivies d'une phase facultative d'engagement de trois mois minimum (service civique, volontariat associatif, réserve). Le SNU vise à remplacer la Journée défense et citoyenneté (JDC, ex-JAPD) et à recréer un « moment de brassage républicain » après la suppression du service militaire en 1997. L'ambition initiale est la généralisation à toute une classe d'âge (800 000 jeunes par an) d'ici 2024, mais le projet se heurte à des obstacles logistiques (hébergement, encadrement), budgétaires (coût estimé entre 1,5 et 3 milliards par an en régime de croisière) et philosophiques (caractère obligatoire controversé). En 2023, seuls 40 000 jeunes participent, très loin de l'objectif de généralisation. Le dispositif reste à l'état de prototype.
Depuis la suspension du service militaire par Jacques Chirac en 1997, le débat sur le rétablissement d'une forme de service obligatoire revient régulièrement, alimenté par le sentiment de fracturation sociale, les attentats de 2015, et le déclin du sentiment d'appartenance nationale. Macron promet un « service national obligatoire d'un mois » pendant sa campagne.
Reforme
Service national universel (SNU)
juin 2019
Aucun effet de bord documente
« Instaurer un service national obligatoire d'un mois minimum pour tous les jeunes. »
Source : Programme En Marche!, « Vivre ensemble », 2017
Écart entre promesse et réalisation
Le SNU n'est jamais devenu obligatoire et reste très loin de la généralisation, avec des effectifs marginaux par rapport à la promesse.
Retours positifs des jeunes volontaires sur l'expérience de brassage social et la découverte de l'engagement
Coût par jeune très élevé (environ 2 000 euros pour deux semaines de séjour) et impossibilité logistique de généraliser à 800 000 jeunes par an
Le SNU peut recréer du lien social et civique dans une société fragmentée, et offrir aux jeunes une expérience de mixité impossible dans un système scolaire socialement ségrégué.
Le SNU est un gadget militarisant la jeunesse à grand frais, là où l'investissement dans le service civique volontaire, l'éducation populaire et les associations de quartier serait infiniment plus efficace.
Décret n° 2020-922 du 29 juillet 2020 portant dispositions relatives au SNU, Légifrance
Cour des comptes, Le Service national universel, référé 2023
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources