Entrée en vigueur du Système monétaire européen, créant un mécanisme de taux de change fixes ajustables et l'ECU, ancêtre de l'euro.
Le Système monétaire européen (SME) entre en vigueur le 13 mars 1979, concrétisant l'initiative conjointe de Valéry Giscard d'Estaing et du chancelier allemand Helmut Schmidt, décidée au Conseil européen de Brême (juillet 1978) et adoptée à Bruxelles (décembre 1978). Le SME crée un mécanisme de taux de change fixes mais ajustables entre les monnaies des pays participants, avec des marges de fluctuation de ±2,25 % autour de cours pivots bilatéraux. L'ECU (European Currency Unit) est créé comme panier de monnaies servant d'unité de compte. Le Fonds européen de coopération monétaire (FECOM) est renforcé pour soutenir les monnaies sous pression. Pour la France, le SME implique une discipline monétaire accrue, le franc devant rester arrimé au mark allemand. Cette contrainte constituera un puissant levier de désinflation dans les années 1980 et préfigurera directement la création de l'Union économique et monétaire et de l'euro.
Après l'effondrement du système de Bretton Woods (1971) et l'échec du « serpent monétaire européen » (1972-1978), les monnaies européennes fluctuent librement, créant une instabilité dommageable pour les échanges intra-européens. Giscard et Schmidt veulent créer une zone de stabilité monétaire en Europe.
Reforme
SME — Système monétaire européen
mars 1979
« Mettre en place le Système monétaire européen pour stabiliser les monnaies européennes et préparer l'intégration monétaire »
Source : Programme de campagne 1974 — volet européen
Écart entre promesse et réalisation
Aucun écart : le SME est l'une des réalisations majeures du septennat.
Réduction significative de la volatilité des taux de change intra-européens, favorisant le commerce et l'investissement
Effet disciplinaire sur la politique monétaire française, contribuant à la désinflation : l'inflation passe de 11 % en 1980 à 3 % en 1986
Création de l'ECU comme unité de compte européenne, ancêtre de l'euro, facilitant les transactions transfrontalières
Contrainte de change forte obligeant à des dévaluations périodiques du franc (trois fois sous Mitterrand entre 1981 et 1983)
Perte de souveraineté monétaire : la politique monétaire française est de facto alignée sur celle de la Bundesbank
Le SME constitue le marchepied vers l'Union économique et monétaire et la création de l'euro en 1999
Le SME est une réussite majeure de la diplomatie franco-allemande. En créant une zone de stabilité monétaire, il a réduit l'incertitude de change qui pénalisait les échanges intra-européens, représentant plus de 60 % du commerce extérieur français. La discipline imposée par l'arrimage au mark a constitué un puissant levier de désinflation, faisant baisser l'inflation française de 11 % en 1980 à 3 % en 1986. Le SME a posé les fondements institutionnels et techniques sans lesquels la monnaie unique n'aurait jamais vu le jour.
Le SME a soumis de facto la politique monétaire française à la Bundesbank, la France devant aligner ses taux d'intérêt sur ceux de Francfort quelle que soit sa conjoncture propre. Cette asymétrie fondamentale a privé la France de l'instrument du taux de change, aggravant le chômage lorsque le franc était surévalué. Les trois dévaluations de 1981-1983 ont montré les limites d'un système où la France était condamnée à une austérité permanente pour maintenir la parité avec un mark dopé par la compétitivité industrielle allemande.
Le traité de Maastricht prévoit le passage du SME à l'Union économique et monétaire avec monnaie unique
Banque de France — Le SME, bilan des premières années
Conseil européen de Brême, juillet 1978 — Résolution sur le SME
BCE — Du SME à l'euro : la convergence monétaire européenne
Vie-publique.fr — SME — Système monétaire européen
Source de verification : EUR-Lex
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