Programme massif de construction autoroutière par concession au secteur privé, transformant le réseau routier français.
La loi-programme du 29 décembre 1967 accélère considérablement le développement du réseau autoroutier français en généralisant le système de concession à des sociétés d'économie mixte et privées. Sous l'impulsion de Georges Pompidou, fervent partisan de l'automobile et de la modernisation des infrastructures, le programme prévoit la construction de 3 500 km d'autoroutes supplémentaires, financés par les péages. Les concessions sont attribuées à des sociétés régionales (ASF, SANEF, SAPRR, etc.) qui construisent et exploitent les tronçons en échange du droit de percevoir les péages pendant des durées de 25 à 35 ans. Ce choix politique majeur — favoriser la route sur le rail — détermine durablement l'aménagement du territoire et les modes de transport en France. Le réseau passe de 900 km en 1967 à plus de 6 000 km au début des années 1990.
La France accuse un retard considérable en matière d'autoroutes par rapport à l'Allemagne et l'Italie. Le parc automobile explose avec l'élévation du niveau de vie. Le Ve Plan (1966-1970) fait des infrastructures routières une priorité. L'État, aux finances contraintes, choisit le financement par concession et péage plutôt que par le budget public.
Reforme
Accélération du réseau autoroutier
décembre 1967
« Poursuivre la modernisation économique de la France et mener à bien le Ve Plan »
Source : Ve Plan de développement économique et social (1966-1970)
Écart entre promesse et réalisation
Le programme autoroutier répond aux objectifs de modernisation du Ve Plan et les dépasse en volume, grâce au recours massif aux concessions privées.
Développement rapide du réseau autoroutier, le portant de 900 km en 1967 à plus de 6 000 km au début des années 1990
Désenclavement des régions françaises et réduction des temps de trajet interurbains, favorisant l'activité économique et le tourisme
Privilège donné à la route sur le rail, contribuant à la désindustrialisation du réseau ferroviaire secondaire et à la dépendance automobile
Rentes concessionnaires devenues excessives : les sociétés d'autoroutes privatisées en 2006 génèrent des profits considérables sur un bien public
Transformation de l'aménagement du territoire autour des échangeurs autoroutiers, avec le développement des zones commerciales périurbaines et le déclin des centres-villes
Le programme autoroutier a modernisé les transports français et contribué à la croissance économique en désenclavant les régions. Le financement par péage a évité de grever les finances publiques. La France dispose aujourd'hui de l'un des meilleurs réseaux autoroutiers d'Europe. [Donnees factuelles : Développement rapide du réseau autoroutier, le portant de 900 km en 1967 à plus de 6 000 km au début des années 1990 : 900 → 6000 km.]
Le tout-autoroute a sacrifié le ferroviaire, augmenté la dépendance au pétrole et à l'automobile, et contribué à l'étalement urbain et à la dégradation de l'environnement. La privatisation des concessions a transformé un bien public en rente privée, au détriment des usagers qui paient des péages toujours plus élevés.
Vente par l'État de ses parts dans les sociétés concessionnaires d'autoroutes, décision très controversée.
Histoire des autoroutes françaises, ministère des Transports
Rapport d'information sur les concessions autoroutières, Assemblée nationale
La politique des transports en France
Vie-publique.fr — Accélération du réseau autoroutier
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources