Plan quinquennal fixant les orientations de modernisation économique et sociale de la France pour 1966-1970, axé sur la compétitivité industrielle.
Le Vème Plan de développement économique et social (1966-1970), approuvé par la loi du 30 novembre 1965 mais dont la mise en œuvre relève principalement du gouvernement Pompidou-3, marque un tournant dans la planification française. Abandonnant partiellement l'ambition de planification indicative détaillée des plans précédents, il se concentre sur des objectifs stratégiques : accélération de la compétitivité industrielle française dans le contexte du Marché commun, développement de la recherche scientifique et technique, modernisation de l'appareil productif agricole, réduction des inégalités régionales par l'aménagement du territoire, et construction d'équipements collectifs (hôpitaux, universités, logements).
La planification française, initiée en 1946 par Jean Monnet, est confrontée aux défis de l'ouverture européenne. Le Marché commun, pleinement opérationnel depuis 1965-1966, expose l'industrie française à la concurrence allemande et italienne. Le plan Giscard de stabilisation de 1963-1965 a freiné l'inflation mais aussi la croissance. Le Vème Plan doit concilier la compétitivité internationale avec les demandes sociales croissantes d'une population rajeunie par le baby-boom.
Reforme
Vème Plan de modernisation
novembre 1965
Chainage legislatif
Modifie egalement
« Poursuivre la modernisation économique de la France par la planification et l'investissement public »
Source : Programme gaulliste de 1965, discours du général de Gaulle
Écart entre promesse et réalisation
Le Plan est globalement mis en œuvre mais ses objectifs sociaux (réduction des inégalités, logement) seront jugés insuffisamment atteints par les événements de Mai 68.
Taux de croissance moyen du PIB de 5,4% entre 1966 et 1970, dépassant l'objectif du Plan
Modernisation accélérée de l'industrie française, avec le développement de secteurs stratégiques (aéronautique, nucléaire, télécommunications)
Objectifs sociaux insuffisamment atteints : le logement social, l'équipement hospitalier et les transports collectifs restent en retard, contribuant au malaise social qui éclatera en Mai 68
La planification perd progressivement sa capacité d'orientation face à l'ouverture internationale et à la montée des mécanismes de marché
Les « actions prioritaires » du Plan ont concentré l'investissement public sur les métropoles d'équilibre au détriment des territoires ruraux, accentuant la fracture entre France urbaine et France rurale
Le Vème Plan a permis de maintenir un rythme de croissance élevé tout en modernisant les structures économiques françaises, préparant l'industrie nationale à la compétition européenne et posant les bases des grands programmes technologiques (nucléaire, spatial, Concorde) qui font la fierté industrielle française. [Donnees factuelles : Taux de croissance moyen du PIB de 5,4% entre 1966 et 1970, dépassant l'objectif du Plan : 4.8 → 5.4 % par an en moyenne.]
Le Plan a privilégié la grandeur industrielle et les grands projets technologiques au détriment des besoins sociaux réels de la population (logement, université, hôpital, transports), révélant un biais technocratique et une déconnexion avec les aspirations de la société française, comme l'a cruellement démontré Mai 68.
Loi n° 65-1001 du 30 novembre 1965 approuvant le Vème Plan
Le Plan français, mythe ou réalité ?, Pierre Massé
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources