Décret rétablissant le droit à la retraite à 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler avant 20 ans.
Le décret du 2 juin 2012, publié moins de trois semaines après l'investiture de François Hollande, rétablit la possibilité de partir à la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler avant 20 ans et justifiant de la durée de cotisation requise (41 ans et un trimestre). Cette mesure revient partiellement sur la réforme Sarkozy de 2010 qui avait repoussé l'âge légal de départ à 62 ans. Elle concerne environ 110 000 personnes dès la première année. Le coût est estimé à 1,1 milliard d'euros par an en régime de croisière, financé par une hausse de 0,2 point des cotisations vieillesse patronales et salariales. C'est la première mesure emblématique du quinquennat, voulue comme un signal fort envers l'électorat populaire de gauche. Les critiques soulignent que la mesure ne concerne qu'une fraction des salariés et ne remet pas fondamentalement en cause le recul de l'âge de départ.
François Hollande a fait de cette mesure l'une de ses 60 propositions de campagne. Le relèvement de l'âge légal à 62 ans par Nicolas Sarkozy en 2010 avait provoqué d'importantes manifestations sociales et constitué un traumatisme pour l'électorat de gauche.
Reforme
Retraite 60 ans carrières longues
juin 2012
Schema recurrent — 11 tentatives
Des reformes similaires ont ete tentees a d'autres epoques
« Engagement n° 18 : « Je permettrai à ceux qui ont commencé à travailler jeunes de partir à la retraite à 60 ans » »
Source : 60 engagements pour la France, François Hollande, 2012
Écart entre promesse et réalisation
Promesse tenue fidèlement par décret dès le premier mois du mandat, mais ne concerne que les carrières longues.
Environ 110 000 personnes supplémentaires peuvent partir à la retraite à 60 ans dès la première année
Correction d'une inégalité ressentie : ceux ayant commencé à travailler tôt cotisaient plus longtemps que les autres
Coût estimé à 1,1 milliard d'euros par an en régime de croisière, financé par hausse des cotisations
Ne concerne qu'une partie des salariés, créant une distinction entre carrières longues et les autres
Hausse des cotisations vieillesse de 0,2 point (patronales et salariales) pesant sur le coût du travail
Cette mesure rétablit une justice élémentaire : un ouvrier ayant commencé à travailler à 18 ans cotisait 44 ans avant de pouvoir partir, contre 40 ans pour un cadre entré à 22 ans. La durée de cotisation reste la même, seul l'âge pivot est ajusté pour ceux qui ont travaillé plus tôt.
Cette mesure est un recul par rapport à la nécessaire adaptation du système de retraite au vieillissement démographique. Elle envoie un signal négatif aux marchés financiers et aux partenaires européens, et son coût aggrave le déficit du régime de retraite sans résoudre le problème structurel du financement. [Donnees factuelles : Coût estimé à 1,1 milliard d'euros par an en régime de croisière, financé par hausse des cotisations : 0 → 1.1 milliards €.]
CNAV — Bilan du dispositif carrières longues, 2013
Conseil d'orientation des retraites — Rapport annuel 2012
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources