Création d'Airbus Industrie, groupement d'intérêt économique franco-allemand, lançant le plus grand programme aéronautique européen de l'histoire.
Le 18 décembre 1970, la France (Aérospatiale) et l'Allemagne (Deutsche Airbus) créent le GIE Airbus Industrie, basé à Toulouse, pour développer et commercialiser l'A300, premier avion gros-porteur biréacteur au monde. L'Espagne (CASA) rejoint le consortium en 1971, suivie du Royaume-Uni (British Aerospace) en 1979. Le programme est né de la volonté politique franco-allemande de briser le duopole Boeing-McDonnell Douglas qui dominait le marché mondial de l'aviation commerciale. Le premier vol de l'A300B1 a lieu le 28 octobre 1972. L'avion entre en service chez Air France en mai 1974. Malgré des débuts commerciaux très difficiles — en 1978, Airbus n'a reçu que 38 commandes hors compagnies d'État — le consortium finit par percer sur le marché américain avec Eastern Airlines en 1977.
L'industrie aéronautique européenne est fragmentée en champions nationaux incapables de rivaliser individuellement avec les géants américains. La Caravelle française et le Concorde franco-britannique ont montré le potentiel mais aussi les limites des projets nationaux ou bilatéraux. Le Concorde a forgé les méthodes de coopération transnationale que va reprendre Airbus avec un modèle plus pragmatique. Pompidou, ancien directeur de la BNP, est convaincu de la nécessité d'une stratégie industrielle européenne.
Reforme
Consortium Airbus
décembre 1970
Schema recurrent — 7 tentatives
Des reformes similaires ont ete tentees a d'autres epoques
Création d'un champion industriel mondial : Airbus est devenu le premier constructeur aéronautique mondial, rivalisant avec Boeing sur tous les segments de marché
Création de dizaines de milliers d'emplois qualifiés en France, notamment à Toulouse devenue capitale européenne de l'aéronautique avec plus de 100 000 emplois directs et indirects
Subventions publiques massives et aides au lancement remboursables qui ont coûté des milliards aux contribuables européens, générant des contentieux commerciaux récurrents avec les États-Unis à l'OMC
Complexité de la gouvernance multinationale ralentissant les décisions et générant des surcoûts logistiques liés à la répartition du travail entre pays
Modèle fondateur de la coopération industrielle européenne, reproduit ensuite dans l'espace (Ariane), la défense (Eurofighter, MBDA) et l'énergie
Airbus est le plus grand succès industriel européen du XXe siècle. Parti de zéro face à un duopole américain dominant, le consortium est devenu le premier constructeur mondial, démontrant que la coopération européenne peut créer de la valeur économique et stratégique considérable. Sans Airbus, l'Europe n'aurait aucune autonomie dans l'aviation civile. [Donnees factuelles : Création d'un champion industriel mondial : Airbus est devenu le premier constructeur aéronautique mondial, rivalisant avec Boeing sur tous les segments de marché : 0 → 50 % des livraisons mondiales ; Emplois directs Airbus en France : 48000 emplois.]
Le modèle Airbus repose sur des subventions publiques massives qui faussent la concurrence internationale et privent les contribuables européens de ressources considérables. La répartition industrielle entre pays obéit davantage à des logiques politiques qu'à l'efficacité économique, générant des surcoûts structurels.
Acte de fondation du GIE Airbus Industrie, 18 décembre 1970
Pierre Muller, Airbus, l'ambition européenne, L'Harmattan, 1989
John Newhouse, The Sporty Game, Alfred A. Knopf, 1982
Vie-publique.fr — Consortium Airbus
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources