Décision gouvernementale de construire la première ligne TGV Paris-Lyon, lançant la révolution ferroviaire à grande vitesse en France et en Europe.
Le 26 mars 1976, le gouvernement Barre approuve le projet de TGV Sud-Est reliant Paris à Lyon, première ligne à grande vitesse ferroviaire en France. La SNCF, sous la direction de ses ingénieurs, avait développé depuis la fin des années 1960 le concept de train à grande vitesse sur voie dédiée, avec le prototype TGV 001 (turbotrain). Après le choc pétrolier de 1973, le projet est réorienté vers la traction électrique. La décision gouvernementale valide un investissement de 5,6 milliards de francs (valeur 1976) pour construire 417 km de ligne nouvelle entre Paris et Lyon, avec une vitesse commerciale de 260 km/h. Les travaux débutent en 1976 et la ligne est inaugurée le 22 septembre 1981 par François Mitterrand. Le TGV Sud-Est entre en service commercial le 27 septembre 1981. Le succès est immédiat : le TGV capte rapidement 90 % du trafic aérien Paris-Lyon. Ce succès lance le développement d'un réseau complet de lignes à grande vitesse (TGV Atlantique 1989, TGV Nord 1993, TGV Méditerranée 2001) qui transforme profondément la géographie des transports en France et inspire des projets similaires dans toute l'Europe et dans le monde.
En 1976, la France subit les conséquences du premier choc pétrolier (1973). La dépendance au pétrole pour les transports est massive et le projet TGV électrique apparaît comme une réponse stratégique. Le Japon a inauguré son Shinkansen en 1964, démontrant la faisabilité de la grande vitesse ferroviaire. La concurrence de l'avion sur Paris-Lyon justifie un investissement dans un mode de transport alternatif.
Reforme
Décision TGV
mars 1976
Schema recurrent — 7 tentatives
Des reformes similaires ont ete tentees a d'autres epoques
Révolution des transports : le TGV capte 90 % du trafic Paris-Lyon en quelques années et réduit le temps de trajet de 4h à 2h
Succès industriel et exportation mondiale du savoir-faire français : Alstom exporte la technologie TGV en Corée du Sud (KTX), au Maroc (Al Boraq) et en Espagne (AVE)
Concentration des investissements ferroviaires sur la grande vitesse au détriment du réseau classique et des trains du quotidien, créant un système à deux vitesses
Effet de métropolisation : le TGV renforce les grandes villes connectées au détriment des territoires intermédiaires, accentuant les inégalités territoriales
Le succès du TGV Sud-Est déclenche une course à la ligne nouvelle dans chaque région, avec des projets parfois surdimensionnés, générant un endettement croissant de SNCF Réseau
Le TGV est l'une des plus grandes réussites industrielles et d'infrastructure françaises. Il a transformé la géographie des transports, offert une alternative écologique à l'avion et à l'automobile, créé un savoir-faire exportable et renforcé l'attractivité économique de la France. [Donnees factuelles : Révolution des transports : le TGV capte 90 % du trafic Paris-Lyon en quelques années et réduit le temps de trajet de 4h à 2h : 240 → 120 minutes.]
Le TGV a été un aspirateur à investissement public qui a asphyxié le réseau ferroviaire classique. En concentrant les moyens sur les lignes étoilées depuis Paris, il a renforcé l'hypercentralisation française et laissé se dégrader les transports du quotidien utilisés par la majorité des Français.
Décision du Conseil des ministres du 26 mars 1976 relative au TGV Paris Sud-Est
SNCF — Le TGV, une histoire française de la grande vitesse, 2021
Cour des comptes — La grande vitesse ferroviaire, 2014
Vie-publique.fr — Décision TGV
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources