La loi fait reconnaître par l'État sa part de responsabilité dans les préjudices sanitaires, moraux, écologiques et économiques subis par la Guadeloupe, la Martinique et leurs populations du fait de l'autorisation de mise sur le marché du chlordécone et de son usage prolongé comme insecticide agricole entre 1972 et 1993. Elle prévoit une stratégie pluriannuelle de dépollution des terres et des eaux, un soutien aux professionnels de la pêche et de l'agriculture affectés, et une évaluation parlementaire de la question de l'indemnisation.
Le texte pose, en son article 1er, le principe de la reconnaissance par l'État de sa responsabilité dans les dommages liés au chlordécone. Il organise une stratégie interministérielle (santé, agriculture, environnement, recherche) de décontamination des sols et des eaux, de protection sanitaire et alimentaire, de soutien aux pêcheurs et agriculteurs, ainsi qu'une étude sur les pathologies des femmes exposées. Il ne crée toutefois pas de fonds d'indemnisation dédié : le gouvernement doit remettre dans un délai d'un an un rapport évaluant l'opportunité et la faisabilité d'étendre aux victimes du chlordécone le fonds d'indemnisation des victimes de pesticides (FIVP, article L. 491-1 du code de la sécurité sociale). Le financement des mesures prévues s'appuie notamment sur une taxe additionnelle sur le tabac.
Proposition de loi d'origine parlementaire (Elie Califer, Alain David, Jérôme Guedj, Guillaume Garot et 17 signataires), déposée à l'Assemblée nationale le 16 janvier 2024 et adoptée en première lecture le 29 février 2024. Transmise au Sénat, elle y a été adoptée le 12 juin 2025 après un rapport de Nicole Bonnefoy, puis adoptée en deuxième lecture à l'Assemblée nationale le 2 juin 2026, avant sa promulgation le 12 juin 2026. Le texte s'inscrit dans la suite du scandale sanitaire du chlordécone, insecticide organochloré utilisé dans les bananeraies antillaises malgré sa toxicité connue dès la fin des années 1960.
705 réformes vérifiées via Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources