Contrat de travail pour les moins de 26 ans avec période de consolidation de deux ans, massivement contesté puis retiré après des manifestations historiques.
Le Contrat Première Embauche (CPE) est créé par l'article 8 de la loi n° 2006-396 du 31 mars 2006 pour l'égalité des chances, portée par le Premier ministre Dominique de Villepin. Il prévoit un CDI spécifique pour les moins de 26 ans dans les entreprises de plus de 20 salariés, avec une « période de consolidation » de deux ans durant laquelle l'employeur peut rompre le contrat sans motivation. Le gouvernement justifie cette mesure par le taux de chômage des jeunes (23 % en 2005) et l'argument que la flexibilité à l'embauche réduirait les réticences des employeurs. Dès janvier 2006, le projet déclenche la plus grande mobilisation sociale depuis 1968 : entre 1 et 3 millions de manifestants dans toute la France, grèves massives dans les universités occupées pendant des semaines, blocages.
En 2005-2006, le chômage des jeunes atteint 23 %, bien au-dessus de la moyenne européenne. Les émeutes de banlieue de novembre 2005 ont mis en lumière la fracture sociale. Villepin, cherchant à reprendre l'initiative politique, propose un choc de flexibilité pour l'emploi des jeunes, après le CNE (Contrat Nouvelle Embauche) de 2005 pour les PME. Le contexte est aussi celui de la rivalité Villepin-Sarkozy pour la présidentielle de 2007.
Reforme
CPE – Contrat Première Embauche
avril 2006
Mouvements sociaux
Reaction de la societe civile a cette reforme
Mouvement anti-CPE
2006-02-07 → 2006-04-10 (62 jours)
Cause
Contrat Premiere Embauche (CPE) permettant le licenciement sans motif des moins de 26 ans pendant 2 ans
Blocage des universites, manifestations massives, jonction etudiants-syndicats. Le CPE est promulgue puis immediatement suspendu, jamais applique. Retrait total le 10 avril 2006.
✓ Mouvement factuellement justifie
Le CPE a ete juge disproportionne par le Conseil d'Etat et retire par le gouvernement lui-meme. La precarite qu'il instaurait pour les jeunes n'etait pas compensee par des garanties suffisantes.
Source : Conseil d'Etat — Avis sur le CPE, mars 2006
Schema recurrent — 13 tentatives
Des reformes similaires ont ete tentees a d'autres epoques
Le débat sur le CPE a forcé une prise de conscience politique sur la nécessité de réformer le marché du travail pour les jeunes, alimentant les réformes ultérieures
Démonstration de la vitalité démocratique française : la mobilisation citoyenne a contraint le pouvoir à retirer un texte promulgué, cas unique sous la Ve République
Paralysie politique : l'échec du CPE a rendu toute réforme du marché du travail politiquement toxique pour des années, retardant des adaptations nécessaires
Coût économique des semaines de blocage universitaire et de grèves : perturbation de la formation de centaines de milliers d'étudiants pendant un semestre
L'épisode CPE a durablement affaibli Villepin et renforcé Sarkozy dans la course à l'Élysée 2007, redessinant le paysage politique de la droite
Le chômage des jeunes en France est un problème structurel lié à la rigidité excessive du marché du travail. Le CPE proposait un mécanisme pragmatique pour inciter les employeurs à embaucher des jeunes sans qualification en réduisant le risque à l'embauche. Des mécanismes similaires existent dans d'autres pays européens avec des résultats positifs.
Le CPE institutionnalisait la précarité en permettant un licenciement sans motif pendant deux ans, créant un CDI de seconde zone pour les jeunes. Loin de résoudre le chômage, il aurait substitué de l'emploi précaire à de l'emploi stable et renforcé l'insécurité sociale d'une génération déjà fragilisée. La méthode autoritaire — adoption par le 49.3 — a aggravé le rejet démocratique.
Gilbert Cette et Sélim Mahfouz, Le CPE : quelles leçons ?, Revue de l'OFCE, 2006
Ludivine Bantigny, La France à l'heure du monde, Seuil, 2013
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources