Loi d'orientation plaçant l'élève au centre du système éducatif et fixant l'objectif de 80 % d'une classe d'âge au baccalauréat.
La loi d'orientation sur l'éducation du 10 juillet 1989, portée par Lionel Jospin, ministre de l'Éducation nationale, réforme en profondeur l'organisation du système éducatif français. Son article 1er pose le principe que « l'éducation est la première priorité nationale » et que « le service public de l'éducation est conçu et organisé en fonction des élèves et des étudiants ». L'élève est « placé au centre du système éducatif ». La loi fixe l'objectif de conduire 80 % d'une classe d'âge au niveau du baccalauréat (reprenant le mot d'ordre lancé par Chevènement en 1985). Elle crée les IUFM (Instituts universitaires de formation des maîtres) pour unifier la formation des enseignants du primaire et du secondaire. Elle instaure les cycles d'apprentissage à l'école primaire, réorganise les études en trois cycles (primaire, collège, lycée) et crée les projets d'établissement. Cette loi déclenche une démocratisation massive de l'accès au baccalauréat : le taux de bacheliers passe de 33 % d'une classe d'âge en 1985 à 63 % en 1995. Mais cette massification sera aussi critiquée pour la baisse supposée du niveau d'exigence.
En 1989, seul un tiers d'une classe d'âge obtient le baccalauréat. La démocratisation de l'enseignement secondaire est un objectif partagé depuis les années 1960, mais les résistances corporatistes et idéologiques sont fortes. Le contexte est aussi celui du bicentenaire de la Révolution et de l'affirmation des valeurs républicaines.
Reforme
Loi Jospin éducation
juillet 1989
Schema recurrent — 19 tentatives
Des reformes similaires ont ete tentees a d'autres epoques
« Faire de l'éducation la priorité nationale »
Source : Lettre à tous les Français, François Mitterrand, avril 1988
Écart entre promesse et réalisation
Promesse tenue par la loi Jospin qui inscrit l'éducation comme « première priorité nationale » dans la loi.
Doublement du taux de bacheliers d'une classe d'âge : de 33 % en 1985 à 63 % en 1995
Création des IUFM unifiant la formation des enseignants et élevant le niveau de recrutement à la licence
Critiques récurrentes sur la baisse du niveau d'exigence et l'inflation des diplômes liée à la massification
La formule « l'élève au centre du système » est dénoncée par une partie du corps enseignant comme une dévalorisation du savoir au profit du pédagogisme
Afflux massif d'étudiants dans l'enseignement supérieur non préparé à les accueillir, entraînant un taux d'échec élevé en premier cycle universitaire
La loi Jospin a réalisé la démocratisation la plus spectaculaire de l'histoire de l'école française. En dix ans, le taux de bacheliers d'une classe d'âge est passé de 33 % à 63 %, ouvrant l'accès à l'enseignement supérieur à des millions de jeunes issus de milieux populaires qui en étaient auparavant exclus. La création des IUFM a professionnalisé le métier enseignant en élevant le niveau de recrutement à la licence. La formule « l'élève au centre du système » a recentré l'école sur sa mission première : la réussite de tous les élèves, et non la sélection d'une élite.
L'objectif quantitatif des 80 % au bac a conduit à une dévaluation massive du diplôme et à un effondrement du niveau d'exigence. Pour atteindre les objectifs, on a abaissé les barres d'admission, multiplié les filières de complaisance et renoncé à la sélection. La formule pédagogiste de « l'élève au centre » a marginalisé la transmission des savoirs disciplinaires au profit d'une vision constructiviste qui a appauvri les contenus. Les enquêtes PISA montreront dans les années 2000 un décrochage inquiétant de la France en mathématiques et en lecture, preuve que la massification s'est faite au détriment de la qualité.
La loi Fillon pour l'avenir de l'école remplace la loi Jospin comme loi d'orientation, introduisant le socle commun de connaissances.
Cette réforme a été abrogée par : loi-fillon-education-2005
Loi n° 89-486 du 10 juillet 1989 d'orientation sur l'éducation
DEPP — Repères et références statistiques, éditions 1990-2000
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources