Autonomie des universités dans la gestion du budget, du patrimoine immobilier et du recrutement, révolutionnant la gouvernance universitaire française.
La loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), portée par la ministre Valérie Pécresse, est la deuxième grande réforme du quinquennat. Elle confère aux universités françaises une autonomie sans précédent : gestion globale de leur budget (y compris la masse salariale), possibilité de créer des fondations, recrutement direct des personnels non-enseignants, et gouvernance renforcée autour d'un président d'université aux pouvoirs élargis (droit de veto sur les recrutements). Le conseil d'administration est resserré (20 à 30 membres) et ouvert à des personnalités extérieures. Toutes les universités doivent accéder aux compétences élargies dans un délai de cinq ans. La loi suscite une forte opposition étudiante et syndicale à l'automne 2007, avec des blocages de facultés pendant plusieurs semaines. Les critiques dénoncent une « privatisation rampante » et une mise en concurrence des universités.
Les universités françaises sont mal classées dans les palmarès internationaux (classement de Shanghai). Leur gouvernance est jugée archaïque, leur budget insuffisant et leur autonomie inexistante par rapport aux universités anglo-saxonnes. Sarkozy fait de la « bataille de l'intelligence » une priorité.
Reforme
Loi LRU — autonomie universités
août 2007
Mouvements sociaux
Reaction de la societe civile a cette reforme
Mouvement etudiant anti-LRU
2007-10-10 → 2007-12-20 (71 jours)
Cause
Loi LRU (Liberte et Responsabilite des Universites) donnant l'autonomie de gestion aux universites
Blocage d'universites, manifestations etudiantes. Le mouvement perd en intensite face a l'absence de soutien populaire large. La loi LRU est maintenue et appliquee integralement.
✗ Mouvement non justifie par les donnees
La loi LRU n'a pas privatise les universites comme les opposants l'affirmaient. Le budget de l'enseignement superieur a augmente de 50% entre 2007 et 2017. Le rapport de l'IGAENR (2012) a montre que l'autonomie avait ameliore la gestion des universites sans degrader l'acces. L'argument central des opposants — la "privatisation rampante" — ne s'est pas realise 15 ans apres.
Source : IGAENR — Bilan de l'autonomie des universites, rapport 2012 + budgets MESRI
Schema recurrent — 19 tentatives
Des reformes similaires ont ete tentees a d'autres epoques
« Donner l'autonomie aux universités pour qu'elles puissent rivaliser avec les meilleures universités du monde »
Source : Programme présidentiel de Nicolas Sarkozy, 2007
Écart entre promesse et réalisation
Promesse tenue dans sa structure. L'augmentation massive du budget universitaire promise en parallèle a été partiellement réalisée avec le Grand Emprunt (2010).
Les 83 universités françaises ont toutes accédé aux responsabilités et compétences élargies avant le 1er janvier 2013
Progression de certaines universités françaises dans les classements internationaux et développement de partenariats avec le monde économique
Transfert de la masse salariale aux universités sans compensation suffisante, créant des tensions budgétaires et des déficits dans certains établissements
Renforcement des inégalités entre universités bien dotées (grandes métropoles) et universités de taille moyenne, accentuant la fracture territoriale
Mouvement étudiant important à l'automne 2007 avec blocages de facultés, préfigurant les contestations récurrentes dans l'enseignement supérieur
L'autonomie budgétaire couplée au Grand Emprunt (Investissements d'avenir de 2010) engendre une logique de concentration des moyens sur les « universités d'excellence » (Idex, Labex), creusant les écarts entre grandes universités métropolitaines et universités de taille moyenne, et accélérant les fusions universitaires (ComUE, universités expérimentales) qui transforment la carte universitaire française
L'autonomie est la condition sine qua non de l'excellence universitaire. Sans la capacité de gérer leurs moyens, recruter librement et nouer des partenariats, les universités françaises ne pourront jamais rivaliser avec Stanford ou Oxford. La LRU est une révolution nécessaire, adoptée après concertation avec les présidents d'université. [Donnees factuelles : Les 83 universités françaises ont toutes accédé aux responsabilités et compétences élargies avant le 1er janvier 2013 : 0 → 83 universités.]
La LRU organise la mise en concurrence des universités et prépare leur privatisation rampante. En confiant la gouvernance à des présidents-managers et en ouvrant les conseils à des personnalités du monde économique, elle soumet l'université aux logiques marchandes et menace le service public de l'enseignement supérieur.
Loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités
Cour des comptes — L'autonomie des universités depuis la loi LRU, 2012
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources