Vincent Peillon impose la semaine de 4,5 jours à l'école primaire pour mieux répartir le temps d'apprentissage, réforme très contestée puis annulée sous Blanquer.
Le décret n° 2013-77 du 24 janvier 2013, porté par Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, rétablit la semaine de 4,5 jours dans les écoles primaires françaises (maternelle et élémentaire). La réforme ajoute une demi-journée de classe (le mercredi matin ou le samedi matin au choix des communes), passant de 4 à 4,5 jours par semaine, tout en réduisant la durée quotidienne des cours de 6h à 5h15-5h30. L'objectif est de mieux répartir les heures d'enseignement sur la semaine, conformément aux recommandations des chronobiologistes, pour améliorer les apprentissages des enfants. Les communes doivent organiser des activités périscolaires (TAP — Temps d'Activités Périscolaires) pour compléter la journée. La réforme entre en application à la rentrée 2013 pour les communes volontaires et à la rentrée 2014 pour toutes les communes. Elle provoque une contestation massive : opposition des enseignants (organisation complexe), des parents (problèmes de garde), des maires (coût des TAP estimé à 800 millions d'euros). En 2017, Jean-Michel Blanquer autorise le retour à la semaine de 4 jours, adopté par plus de 80 % des communes.
La France a la semaine scolaire la plus concentrée d'Europe (4 jours depuis 2008, réforme Darcos) mais l'année scolaire la plus longue (864 heures contre 774 en moyenne dans l'UE). Les chronobiologistes alertent sur les rythmes inadaptés des enfants. La refondation de l'école est une priorité du quinquennat Hollande.
Reforme
Réforme rythmes scolaires Peillon (2013)
janvier 2013
Schema recurrent — 19 tentatives
Des reformes similaires ont ete tentees a d'autres epoques
« François Hollande s'était engagé à revoir les rythmes scolaires dans le cadre de la refondation de l'école »
Source : Programme présidentiel de François Hollande, 2012
Écart entre promesse et réalisation
La réforme des rythmes scolaires répond à la promesse mais sa mise en œuvre chaotique et son annulation ultérieure en limitent l'impact.
Développement des activités périscolaires dans les communes : sport, culture, arts, offrant des activités éducatives complémentaires aux enfants, notamment dans les quartiers prioritaires
Coût considérable pour les communes : estimation de 800 millions à 1 milliard d'euros pour l'organisation des activités périscolaires, creusant les inégalités territoriales
Fatigue accrue des enfants signalée par de nombreux enseignants et parents, la demi-journée supplémentaire rallongeant effectivement la semaine sans réduire suffisamment la journée
La réforme puis son annulation illustrent l'instabilité chronique des politiques éducatives en France, chaque ministre défaisant le travail de son prédécesseur
La réforme des rythmes scolaires était scientifiquement fondée : les chronobiologistes sont unanimes sur la nécessité de mieux répartir le temps scolaire. La semaine de 4,5 jours réduit la fatigue quotidienne et améliore les apprentissages. Les TAP ont permis de démocratiser l'accès aux activités culturelles et sportives.
La réforme Peillon a été imposée de manière autoritaire sans tenir compte des réalités locales. Le coût pour les communes est exorbitant, la qualité des TAP très inégale, et les enfants sont plus fatigués avec une semaine rallongée. Le retour massif à 4 jours sous Blanquer prouve l'échec de la réforme.
Ministère de l'Éducation nationale — Bilan de la réforme des rythmes scolaires, 2015
AMF — Enquête sur le coût des rythmes scolaires
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources