Saisine du Conseil d'État par Jospin sur le port de signes religieux à l'école, avis fondateur distinguant prosélytisme et liberté religieuse.
L'affaire du foulard de Creil éclate en octobre 1989 lorsque trois collégiennes sont exclues pour port du voile islamique. Lionel Jospin, ministre de l'Éducation nationale, saisit le Conseil d'État qui rend un avis fondateur le 27 novembre 1989. Le Conseil d'État établit que le port de signes religieux par les élèves n'est pas en soi incompatible avec la laïcité, mais que les signes deviennent interdits lorsqu'ils constituent un acte de pression, de provocation, de prosélytisme ou de propagande, qu'ils portent atteinte à la dignité ou à la liberté de l'élève, ou qu'ils troublent le bon fonctionnement de l'établissement. Cet avis fonde une jurisprudence « au cas par cas » qui sera contestée des deux côtés : trop permissive pour les partisans d'une laïcité stricte, trop restrictive pour les défenseurs de la liberté religieuse. La question ne sera tranchée que par la loi du 15 mars 2004 interdisant le port de signes religieux ostensibles à l'école, sous la présidence de Jacques Chirac.
Le bicentenaire de la Révolution (1989) ravive les débats sur les valeurs républicaines. L'islam devient la deuxième religion de France. La montée du Front national alimente les tensions identitaires. L'intégration des populations d'origine maghrébine est un sujet politique croissant.
Reforme
Avis foulard islamique
novembre 1989
Schema recurrent — 19 tentatives
Des reformes similaires ont ete tentees a d'autres epoques
Cadre juridique nuancé permettant de concilier laïcité scolaire et liberté religieuse des élèves
Quinze ans d'incertitude juridique et de contentieux dans les établissements scolaires, chaque cas étant traité individuellement
Le débat sur le foulard islamique à l'école restera ouvert pendant quinze ans, jusqu'à la loi du 15 mars 2004 interdisant les signes religieux ostensibles, adoptée après le rapport de la commission Stasi
L'avis du Conseil d'État de 1989 est un modèle de sagesse juridique : il concilie le principe de laïcité avec le respect de la liberté de conscience et distingue le port du signe de l'acte de prosélytisme. Il respecte les droits fondamentaux des élèves.
L'avis du Conseil d'État de 1989 a ouvert une brèche dans la laïcité scolaire en autorisant le port de signes religieux. La logique du « cas par cas » était ingérable et a conduit à quinze ans de chaos juridique dans les établissements.
La loi du 15 mars 2004 tranche le débat en interdisant les signes religieux ostensibles à l'école, mettant fin à la jurisprudence au cas par cas.
Conseil d'État — Avis n° 346.893 du 27 novembre 1989
Vie publique — L'affaire du foulard de Creil et l'avis du Conseil d'État
Vie-publique.fr — Avis foulard islamique
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources