Création de la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet, avec un mécanisme de riposte graduée contre le piratage.
La loi n° 2009-669 du 12 juin 2009, dite loi Hadopi (du nom de la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet qu'elle crée), instaure un mécanisme de « riposte graduée » contre le téléchargement illégal d'oeuvres protégées sur Internet. Le dispositif prévoit trois étapes : un premier avertissement par courriel, un second par lettre recommandée, puis la possibilité de sanctions (suspension de l'accès Internet, amende). Une première version de la loi, censurée par le Conseil constitutionnel le 10 juin 2009 (la coupure d'accès à Internet ne peut être décidée que par un juge, pas par une autorité administrative), est suivie d'une seconde loi « Hadopi 2 » (28 octobre 2009) confiant la sanction au juge judiciaire. Le parcours législatif chaotique de la loi illustre les tensions entre protection du droit d'auteur et libertés numériques. L'Hadopi sera finalement supprimée en 2022, remplacée par l'Arcom.
Le piratage numérique explose dans les années 2000, avec le peer-to-peer (eMule, BitTorrent). Les industries culturelles (musique, cinéma) dénoncent des pertes massives. La France est le premier pays à tenter une riposte graduée, portée par les accords de l'Élysée (novembre 2007) entre créateurs, producteurs et fournisseurs d'accès.
Reforme
Loi Hadopi
juin 2009
Schema recurrent — 27 tentatives
Des reformes similaires ont ete tentees a d'autres epoques
« Protéger les droits des créateurs face au piratage sur Internet »
Source : Accords de l'Élysée, 23 novembre 2007
Écart entre promesse et réalisation
Promesse tenue dans sa forme législative mais l'efficacité du dispositif sera très limitée. Le piratage a surtout décliné grâce aux offres légales de streaming (Spotify, Netflix), pas grâce à l'Hadopi.
Signal politique fort en faveur de la protection du droit d'auteur et des créateurs
Censure partielle par le Conseil constitutionnel, obligeant à réécrire la loi et révélant les failles juridiques du dispositif
Efficacité quasi nulle du dispositif : seulement une poignée de sanctions prononcées en quatre ans, alors que des millions de fichiers sont échangés illégalement
Le débat sur Hadopi a accéléré la prise de conscience du besoin d'offres légales de streaming, contribuant indirectement au succès ultérieur de Spotify et Netflix
Le piratage détruit la création en privant les artistes de leur rémunération. La riposte graduée est une réponse pédagogique et proportionnée qui préfère l'avertissement à la sanction. Sans protection du droit d'auteur, la création française est menacée.
Hadopi est une loi archaïque qui criminalise les internautes au lieu de s'adapter aux usages numériques. L'avenir de la rémunération des créateurs passe par les plateformes légales et de nouveaux modèles économiques, pas par la surveillance d'Internet et la coupure d'accès.
Loi n° 2009-669 du 12 juin 2009 favorisant la diffusion et la protection de la création sur Internet
Conseil constitutionnel, décision n° 2009-580 DC du 10 juin 2009
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources