Privatisation de la première chaîne de télévision publique, cédée au groupe Bouygues pour 3 milliards de francs.
La privatisation de TF1, décidée par la loi du 30 septembre 1986 et effective le 16 avril 1987, est un événement sans précédent dans le monde : aucun pays démocratique n'avait jamais privatisé sa première chaîne de télévision publique. François Léotard, ministre de la Culture et de la Communication, pilote l'opération. Après une procédure d'appel d'offres, le groupe Bouygues — entreprise de BTP sans expérience dans les médias — est choisi contre le groupe Hachette-Filipacchi de Jean-Luc Lagardère, pour un prix de 3 milliards de francs. La décision suscite de vives controverses : le choix de Bouygues est jugé politique, le prix d'acquisition dérisoire au regard de la valeur réelle de la chaîne, et la privatisation de la première chaîne est dénoncée comme un appauvrissement irréversible du service public. Sous la direction de Francis Bouygues puis de Patrick Le Lay, TF1 s'oriente vers une programmation grand public commerciale, devenant la chaîne la plus regardée d'Europe. La privatisation transforme durablement le paysage audiovisuel français : TF1 capte une part de marché publicitaire dominante, étouffant les chaînes publiques.
La gauche avait libéralisé l'audiovisuel (Canal+, La Cinq, TV6) mais n'avait pas touché aux chaînes publiques. La droite veut aller plus loin en privatisant TF1, dans la logique thatchérienne. Mitterrand s'y oppose mais ne peut juridiquement l'empêcher.
Reforme
Privatisation de TF1
avril 1987
Chainage legislatif
Modifie egalement
Schema recurrent — 27 tentatives
Des reformes similaires ont ete tentees a d'autres epoques
« Privatiser une chaîne du service public de télévision (programme RPR-UDF 1986) »
Source : Plateforme commune RPR-UDF, « Gouverner ensemble », 1986
Écart entre promesse et réalisation
Promesse tenue : TF1, la première chaîne, est privatisée et non une chaîne secondaire comme certains le proposaient.
Dynamisation du marché publicitaire télévisuel et développement de l'industrie de la production audiovisuelle française
TF1 devient la chaîne la plus regardée d'Europe avec une audience régulière de 35 à 40 % de part de marché
Dégradation de la qualité des programmes au profit du divertissement commercial ; la célèbre formule de Patrick Le Lay sur le « temps de cerveau humain disponible » illustrera cette dérive
Affaiblissement structurel du service public de télévision, privé de sa chaîne phare et de la majorité des recettes publicitaires
Prix de cession de 3 milliards de francs jugé dérisoire au regard de la valeur réelle de la chaîne et de ses bénéfices futurs
La privatisation de TF1 est irréversible : aucun gouvernement ne tentera jamais de renationaliser la chaîne. Elle crée un duopole TF1/France 2 qui structure durablement le paysage audiovisuel français.
La privatisation de TF1 a libéré la télévision du contrôle étatique, dynamisé la production audiovisuelle et offert aux téléspectateurs une chaîne plus attractive. Le succès commercial de TF1 prouve la pertinence du modèle privé. [Donnees factuelles : TF1 devient la chaîne la plus regardée d'Europe avec une audience régulière de 35 à 40 % de part de marché : 28 → 38 % de part d'audience.]
Privatiser la première chaîne publique est un acte culturellement irresponsable. TF1 est devenue une machine à fabriquer de l'audience en nivelant les programmes par le bas, au détriment de l'information, de la culture et du pluralisme. C'est un démantèlement du bien commun audiovisuel.
Jean-Louis Missika et Dominique Wolton, La Folle du logis — La télévision dans les sociétés démocratiques, Gallimard, 1983
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675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources