La France devient la quatrième puissance nucléaire mondiale avec l'essai Gerboise bleue à Reggane, fondant la doctrine de dissuasion tous azimuts.
Le 13 février 1960, la France fait exploser sa première bombe atomique dans le Sahara algérien, à Reggane, sous le nom de code « Gerboise bleue ». Cet essai, d'une puissance de 70 kilotonnes (plus de quatre fois Hiroshima), fait de la France la quatrième puissance nucléaire mondiale après les États-Unis, l'URSS et le Royaume-Uni. Le programme nucléaire militaire avait été lancé sous la IVe République (décision de Félix Gaillard en 1958), mais c'est de Gaulle qui en fait le pilier de la politique de défense française avec la doctrine de dissuasion « tous azimuts ». La force de frappe — qui deviendra force de dissuasion — est conçue comme la garantie ultime de l'indépendance nationale, permettant à la France de ne dépendre d'aucune alliance pour sa survie.
La guerre froide bat son plein. La crise de Suez (1956) a démontré aux dirigeants français que sans arme nucléaire, la France est dépendante du bon vouloir américain. De Gaulle refuse la tutelle stratégique de l'OTAN et veut une France souveraine dans sa défense. Le programme nucléaire est aussi un instrument de prestige international et de légitimation du siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.
Reforme
Force de dissuasion nucléaire
février 1960
Chainage legislatif
La loi de programmation militaire 1965-1970 structure la montée en puissance de la force de frappe avec les missiles sol-sol et les sous-marins nucléaires.
Chirac annonce l'arrêt définitif des essais nucléaires français après une dernière campagne controversée à Mururoa en 1995-1996.
Schema recurrent — 16 tentatives
Des reformes similaires ont ete tentees a d'autres epoques
« Doter la France d'une force de dissuasion nucléaire autonome, garante de son indépendance nationale. »
Source : Doctrine gaullienne de défense, discours de 1958-1959
Écart entre promesse et réalisation
Programme conforme à la vision gaullienne, accéléré après le retour au pouvoir.
Accession de la France au rang de puissance nucléaire, quatrième au monde, renforçant considérablement son poids diplomatique et sa crédibilité au Conseil de sécurité de l'ONU
Garantie d'indépendance stratégique permettant le retrait du commandement intégré de l'OTAN en 1966 sans compromettre la sécurité nationale
Développement d'un écosystème industriel et technologique de pointe (CEA, aéronautique, sous-marins) aux retombées civiles considérables, notamment dans le programme nucléaire civil
Coût considérable du programme nucléaire militaire : environ 1,5 milliard de francs par an dans les années 1960, soit 25 à 30 % du budget de la défense, au détriment de l'armement conventionnel
Conséquences sanitaires et environnementales des 17 essais nucléaires (dont 4 atmosphériques et 13 souterrains) au Sahara (1960-1966) sur les populations locales et les militaires exposés aux retombées radioactives
Tensions diplomatiques avec les États-Unis et le Royaume-Uni, qui s'opposent à la prolifération nucléaire française et tentent de maintenir leur monopole atlantique
Création d'un consensus national de défense transpartisan : aucun président de la Ve République, de gauche comme de droite, ne remettra en cause la dissuasion nucléaire, même Mitterrand en 1981
Lancement involontaire du programme nucléaire civil français : les compétences développées pour la bombe seront réorientées vers la production d'électricité nucléaire à partir des années 1970
La force de dissuasion nucléaire constitue l'investissement stratégique le plus rentable de l'histoire de la Ve République. Pour un coût représentant moins de 10 % du budget total de défense sur soixante ans, elle a garanti l'indépendance stratégique de la France, légitimé son siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU et fondé un consensus de défense transpartisan sans équivalent. Aucun adversaire potentiel ne peut menacer les intérêts vitaux de la France sans risquer une riposte nucléaire, ce qui constitue la dissuasion la plus efficace et la moins coûteuse en vies humaines.
Le programme nucléaire militaire français a été développé dans une opacité démocratique totale, sans véritable débat parlementaire ni consultation populaire. Les essais atmosphériques au Sahara puis en Polynésie ont causé des dommages sanitaires et environnementaux dont les victimes — militaires, populations locales, Polynésiens — peinent encore à obtenir réparation. Le coût colossal du programme a asphyxié l'armement conventionnel français pendant des décennies, laissant la France incapable d'intervenir efficacement dans les conflits réels auxquels elle était confrontée, de l'Afrique aux Balkans. [Donnees factuelles : Coût considérable du programme nucléaire militaire : environ 1,5 milliard de francs par an dans les années 1960, soit 25 à 30 % du budget de la défense, au détriment de l'armement conventionnel : 0 → 28 % du budget défense ; Conséquences sanitaires et environnementales des 17 essais nucléaires (dont 4 atmosphériques et 13 souterrains) au Sahara (1960-1966) sur les populations locales et les militaires exposés aux retombées radioactives : 0 → 17 essais.]
La loi de programmation militaire 1965-1970 structure la montée en puissance de la force de frappe avec les missiles sol-sol et les sous-marins nucléaires.
Chirac annonce l'arrêt définitif des essais nucléaires français après une dernière campagne controversée à Mururoa en 1995-1996.
Ministère des Armées, Histoire de la dissuasion nucléaire française
Jean-Damien Pô, Les moyens de la puissance : les activités militaires du CEA
Vie-publique.fr — Force de dissuasion nucléaire
Source de verification : Vie-publique.fr
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources