Programme massif de construction de centrales nucléaires visant l'indépendance énergétique de la France.
Le 6 mars 1974, le Premier ministre Pierre Messmer annonce en Conseil des ministres un programme sans précédent de construction de centrales nucléaires : 13 réacteurs de 900 MW (filière à eau pressurisée Framatome/Westinghouse) doivent être lancés en 1974-1975, pour une puissance totale de 13 000 MW. Ce plan, décidé dans l'urgence du premier choc pétrolier, vise à réduire la dépendance de la France au pétrole importé (75 % de l'énergie consommée) en développant massivement la production d'électricité nucléaire. Il s'appuie sur le choix stratégique de Pompidou en 1969 d'abandonner la filière graphite-gaz française au profit de la filière américaine à eau pressurisée, plus efficiente. Le plan sera amplifié sous Giscard d'Estaing, avec au total 58 réacteurs construits, faisant de la France le pays le plus nucléarisé au monde per capita. Ce choix stratégique structurera l'économie énergétique française pour un demi-siècle.
Le choc pétrolier d'octobre 1973 a quadruplé le prix du pétrole, révélant la vulnérabilité énergétique de la France. Pompidou, bien que gravement malade, valide personnellement cette décision qui engage la France pour des décennies. Le plan est annoncé trois semaines avant son décès.
Reforme
Plan Messmer nucléaire
mars 1974
Schema recurrent — 16 tentatives
Des reformes similaires ont ete tentees a d'autres epoques
« Développer le programme nucléaire civil pour assurer l'indépendance énergétique de la France »
Source : Programme présidentiel de Pompidou, 1969
Écart entre promesse et réalisation
Le choc pétrolier a considérablement accéléré et amplifié le programme initial, dépassant largement les ambitions de 1969.
Indépendance énergétique électrique de la France : 75 % de l'électricité d'origine nucléaire dès les années 1990
Création d'une filière industrielle nucléaire française de premier plan mondial (Framatome, EDF, CEA, AREVA/Orano)
Prix de l'électricité parmi les plus bas d'Europe occidentale pendant trois décennies
Concentration quasi-totale de la production d'électricité sur une seule source, créant un risque systémique en cas de défaillance (corrosion sous contrainte, 2022)
Problème non résolu des déchets nucléaires à haute activité et vie longue, reportant la charge sur les générations futures
Décision prise sans véritable débat démocratique, dans l'urgence et dans le cercle restreint du pouvoir exécutif
Naissance du mouvement antinucléaire français (Creys-Malville, Plogoff), structurant l'écologie politique pendant des décennies
Retard considérable de la France dans le développement des énergies renouvelables par rapport à l'Allemagne et aux pays nordiques
Le plan Messmer est la décision industrielle la plus visionnaire de l'après-guerre français. Il a donné à la France une indépendance énergétique unique en Europe, une électricité décarbonée et bon marché, et une filière industrielle d'excellence. Face au changement climatique, ce choix apparaît prophétique. [Donnees factuelles : Indépendance énergétique électrique de la France : 75 % de l'électricité d'origine nucléaire dès les années 1990 : 8 → 75 %.]
Le tout-nucléaire a été une fuite en avant technocratique décidée sans débat démocratique, qui a créé des risques considérables (déchets, accidents potentiels), verrouillé le système énergétique français et retardé la transition vers les renouvelables.
Conseil des ministres du 6 mars 1974 — Programme électronucléaire
Le programme nucléaire français — CEA
Sciences Po CERI, travaux sur le nucléaire français
Vie-publique.fr — Plan Messmer nucléaire
Source de verification : Vie-publique.fr
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources