Accueil d'urgence de près d'un million de Français d'Algérie rapatriés en métropole, avec mise en place de dispositifs d'aide au relogement et à la réinsertion.
Face à l'afflux massif et largement imprévu de rapatriés d'Algérie — environ 700 000 personnes arrivent entre avril et septembre 1962, avec un pic de 500 000 en juin-juillet — le gouvernement Pompidou doit improviser un dispositif d'accueil d'urgence. La loi du 26 décembre 1961 (dite loi Boulin) avait prévu un cadre juridique pour les rapatriés, mais son application est largement dépassée par l'ampleur du mouvement. Le secrétariat d'État aux Rapatriés, confié à Robert Boulin, met en place des centres d'accueil, une allocation de subsistance, un accès prioritaire aux logements HLM, des prêts de réinstallation et un dispositif de reclassement professionnel dans la fonction publique. L'accueil se fait dans des conditions souvent difficiles : hébergements provisoires, hostilité d'une partie de la population métropolitaine, perte des biens restés en Algérie. Les rapatriés s'installent principalement dans le Sud de la France (Provence, Languedoc, Corse). L'intégration économique sera relativement rapide grâce à la croissance des Trente Glorieuses, mais le traumatisme psychologique et la question de l'indemnisation des biens perdus marqueront durablement cette population.
Le gouvernement avait sous-estimé l'ampleur de l'exode. Les plans initiaux prévoyaient le rapatriement progressif de quelques dizaines de milliers de personnes, alors que c'est près d'un million de Français d'Algérie qui arrivent en quelques mois, fuyant les violences de l'OAS et du FLN. Le port de Marseille devient le point d'entrée principal, submergé par l'afflux.
Reforme
Rapatriement des pieds-noirs
juin 1962
Schema recurrent — 25 tentatives
Des reformes similaires ont ete tentees a d'autres epoques
Intégration économique relativement réussie des rapatriés grâce aux aides publiques et à la croissance économique des Trente Glorieuses
Dynamisme économique apporté par les rapatriés, notamment dans le secteur agricole du sud de la France (viticulture, agrumes) et dans les professions libérales
Traumatisme psychologique durable pour les rapatriés : déracinement, perte des biens, sentiment d'abandon par l'État
Insuffisance de l'indemnisation des biens spoliés, source d'amertume politique durable et de vote protestataire
Tension sur le marché du logement dans le sud de la France, accélérant les programmes de construction HLM dans les années 1960
Malgré l'improvisation, l'État a réussi à absorber en quelques mois un flux migratoire considérable et à intégrer les rapatriés grâce à des dispositifs d'aide conséquents. La réussite économique ultérieure des pieds-noirs témoigne de l'efficacité relative de l'accueil.
L'État a été défaillant dans la préparation de l'exode et dans la protection des Français d'Algérie. L'hostilité affichée par de Gaulle (« Je ne veux pas de ces gens-là ») et l'insuffisance des indemnisations ont constitué une faute historique envers un million de citoyens français.
Loi d'indemnisation des Français rapatriés d'outre-mer dépossédés de leurs biens, votée sous Giscard en 1978.
1962, l'arrivée des pieds-noirs
La Mémoire des pieds-noirs
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources