Loi du 8 juin 1970 instaurant la responsabilité pénale collective des organisateurs et participants lors de manifestations violentes, mesure répressive post-Mai 68.
La loi n° 70-480 du 8 juin 1970, dite « loi anti-casseurs », est adoptée dans le sillage de Mai 68 et des mouvements sociaux qui continuent d'agiter la France. Elle instaure un régime de responsabilité pénale collective : les organisateurs d'une manifestation peuvent être tenus responsables des violences commises par les participants, même s'ils n'y ont pas personnellement pris part. La loi prévoit également des peines aggravées pour les actes de violence, destruction et dégradation commis à l'occasion de rassemblements. Portée par le garde des Sceaux René Pleven, elle vise à dissuader les débordements en responsabilisant les organisateurs de manifestations.
Deux ans après Mai 68, le pouvoir gaulliste puis pompidolien cherche à restaurer l'autorité de l'État face à la multiplication des manifestations violentes. Les affrontements entre forces de l'ordre et manifestants sont réguliers, notamment dans le milieu universitaire et syndical. Le contexte international (mouvements étudiants, Vietnam) alimente les tensions. Pompidou, fraîchement élu, veut marquer une rupture avec le laisser-faire reproché à de Gaulle.
Reforme
Loi anti-casseurs
juin 1970
Schema recurrent — 26 tentatives
Des reformes similaires ont ete tentees a d'autres epoques
Effet dissuasif sur l'organisation de manifestations violentes dans les mois suivant l'adoption, contribuant à une baisse des incidents de destruction lors de rassemblements
Atteinte au principe fondamental de responsabilité pénale personnelle : des organisateurs syndicaux poursuivis pour des actes commis par des individus qu'ils ne contrôlaient pas
Création d'un précédent législatif durablement contesté, réactivé en 2019 par la loi Castaner anti-casseurs, montrant la persistance du clivage ordre public/libertés dans la politique française
Face à la multiplication des violences lors des manifestations post-68, l'État devait se doter d'un outil juridique pour responsabiliser les organisateurs et protéger les biens et les personnes. La loi anti-casseurs a rétabli un équilibre entre droit de manifester et obligation de maintien de l'ordre public.
La loi anti-casseurs viole le principe fondamental de responsabilité pénale personnelle inscrit dans la Déclaration des droits de l'homme. En rendant les organisateurs pénalement responsables d'actes qu'ils n'ont pas commis, elle instaure une présomption de culpabilité collective incompatible avec l'État de droit et vise en réalité à décourager l'exercice même du droit de manifester.
Abrogation de l'article sur la responsabilité collective par le gouvernement Mauroy
Cette réforme a été abrogée par : Loi n° 81-1134 du 23 décembre 1981 (abrogation partielle sous Mauroy)
Anne Rosencher, Le droit de manifester en France, PUF, 2006
Ligue des droits de l'homme, Rapport sur les libertés publiques 1970-1975
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources