Renforcement de l'arsenal antiterroriste après les attentats de septembre 1986, création d'une juridiction spécialisée.
L'année 1986 est marquée par une vague d'attentats terroristes à Paris (attentats de la rue de Rennes le 17 septembre, série d'attentats liés au conflit libanais et à la question des otages français au Liban). Le gouvernement Chirac adopte une politique de fermeté qui se traduit par la loi du 9 septembre 1986 relative à la lutte contre le terrorisme. Ce texte crée la 14e section du Parquet de Paris (section antiterroriste), spécialisée et centralisée, qui deviendra le Parquet national antiterroriste (PNAT) en 2019. La loi prévoit également l'allongement de la garde à vue pour les affaires de terrorisme, le jugement par une cour d'assises spéciale (sans jury populaire), et le renforcement de la coopération policière. Parallèlement, la politique du gouvernement mêle fermeté judiciaire et négociation secrète pour la libération des otages au Liban (affaire des otages français, rôle controversé de Jean-Charles Marchiani). La politique antiterroriste de la cohabitation sera poursuivie et renforcée par tous les gouvernements suivants.
La France est frappée par une vague d'attentats liés au Hezbollah et au FPLP : attentat de la rue de Rennes (7 morts), attentats au magasin Tati (2 morts), série de bombes dans Paris. La question des otages français au Liban domine l'actualité.
Réforme
Fermeté antiterroriste
septembre 1986
Schéma récurrent — 26 tentatives
Des réformes similaires ont été tentées à d'autres époques
Création d'une juridiction antiterroriste spécialisée, modèle reconnu internationalement et toujours en vigueur en 2026
Libération de tous les otages français du Liban entre 1986 et 1988, même si les conditions restent controversées
Suspicion de négociations secrètes et de rançons versées pour la libération des otages, affaiblissant la crédibilité de la fermeté affichée
La garde à vue prolongée et la suppression du jury populaire pour les affaires de terrorisme soulèvent des questions de droits fondamentaux
Le modèle français de lutte antiterroriste — juridiction centralisée et spécialisée — sera progressivement renforcé après chaque vague d'attentats (1995, 2012, 2015-2016) et servira de référence internationale
Face au terrorisme, la fermeté de l'État est indispensable. La centralisation de la justice antiterroriste à Paris et la spécialisation des magistrats ont prouvé leur efficacité. La France a développé un des meilleurs dispositifs antiterroristes au monde.
L'état d'exception antiterroriste est devenu permanent : chaque attentat sert de prétexte à restreindre les libertés de tous. La suppression du jury populaire et l'allongement de la garde à vue créent une justice dérogatoire inquiétante pour l'État de droit.
Loi n° 86-1020 du 9 septembre 1986 relative à la lutte contre le terrorisme agent en recherche
Xavier Crettiez, La France rebelle, Michalon, 2002 agent en recherche
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiées via Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources